La mesure du succès par kenishirotie

Les r√®gles d’Or des Commons ! Principes de bases pour avoir des Commons pertinents

En d’autres termes, un bon Commons est un Commons efficace.
Et qu’est-ce qu’un Bien Commun efficace ?

C’est un Commons qui :
РApporte la prospérité aux gens
– Les rend responsables
РMaintiens la durabilité des ressources exploitées
– Apporte une Joie int√©rieure lors de son utilisation (OK, c’est ma d√©finition personnelle ūüôā¬† )

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs règles doivent être respectées.

Règle numéro zéro ! : Un Bien Commun apporte de la Prospérité.
Que ce soit sous la forme de Nouveaux Biens, Ressources suppl√©mentaires, compl√©mentaires qui n’existaient pas avant le Commons. Et qui ne peuvent exister que par le Commons. Ou de ressources d√©j√† existantes, mais qui par le Commons seront de meilleure Qualit√© et/ou en plus grande Quantit√©.

Règle numéro 1 : Durabilité des ressources.
Un bon bien commun est un bien commun dont on peut profiter pendant des siècles ! Et plus encore.
Qu’il s’agisse de Biens Communs Naturels ou Num√©riques.
Jusqu’√† ce qu’un nouveau Commons prenne sa place, un bon Commons est un Commons qui perdure dans les temps.
Parce qu’il signifie qu’il est efficace et qu’il apporte une richesse commune √† ses participants au fil du temps.
Et que les ressources soient renouvelées ou durables.

Règle numéro 2 : Le Bien Commun responsabilise ses acteurs.
Un bon Commons responsabilise chacun de ses acteurs. C’est un √©tat induit par le Commons.¬† C’est plus un effet constat√© qu’une cons√©quence de savants calculs psychologiques ou philosophiques. Il n‚Äôy a pas vraiment (aux jours des Connaissances actuelles) de m√©canismes propres √† la cr√©ation de cette responsabilisation. Cela est. Chaque acteur (ou presque) agit de mani√®re morale et correcte. Comme si le Commons transcendait ses participants et faisait resurgir une capacit√© Humaine parfois oubli√©e ou peu d√©velopp√©e dans la Civilisation actuelle.
De m√™me, comme on le verra dans la r√®gle d’Or de l‚Äô√Čquit√©, la quantit√© de ressources r√©colt√©e peut √™tre diff√©rente, y compris significativement, en fonction du “travail” fait par les acteurs.

R√®gle 3 : Son apport positif est reconnu par une tr√®s grande majorit√© d’utilisateurs, si ce n’est unanimit√©.
(Oui, il y a une r√®gle num√©ro 3. Ici, ce n’est pas le Fight Club ! OK !)
La Quasi-totalit√© des acteurs, la tr√®s grande majorit√©, on peut avoir en t√™te des pourcentages de type 80 ou 90%, est satisfaite du Commons et l’appr√©cie.

Règle numéro 4 : Lisibilité et clarté des Principes.
Un Commons n’est pas une Usine √† gaz ! Sa notice d’utilisation n’est pas une caricature de notice de montage de meuble Su√©dois.¬† Les conditions d’utilisations du Commons sont claires et compr√©hensibles pour tout type d’acteurs. Les principes Fondateurs, les r√®gles, les devoirs, les limites, les interdictions, le savoir-vivre ensemble … tout est clair et √©vident pour les acteurs.
Cela n’interdit pas d’utiliser des Algorithmes dans le fonctionnement de Commons. Algorithmes qui seront parfois tr√®s sophistiqu√©s, avec beaucoup de calculs et de pond√©ration. Mais cela sera un travail de fond qui r√©pondra toujours √† une simplicit√© de principes de base du Commons.

Remarque : Travail.
Les ressources d’un Commons ne tombent pas toutes seules dans le Bec des acteurs ! Ils doivent faire des efforts, des actions, des “travaux” pour b√©n√©ficier des Ressources. C’est clairement √©vident comme constat lorsqu’il s’agit de r√©colter des fruits ou graines, du bois mort, de p√™cher ou de mener les b√™tes aux p√Ęturages. Mais m√™me pour des Commons de distribution d’eau avec des syst√®mes d’irrigation et de canaux, bien que l’eau soit Naturelle, gratuite et puisse venir sans effort (quoique parfois des danses de la Pluie sont n√©cessaires ..), il y a malgr√© tout des travaux √† faire sur l’Infrastructure. Cela s’appelle entretien, r√©parations, am√©liorations, extensions, peu importe le mot, il y a toujours des travaux √† faire. Donc un Commons n’est pas une manne qui tombe du Ciel. C’est un potentiel de Ressources sur lequel des r√®gles d’exploitation, b√©n√©fiques √† la Communaut√©, ont √©t√© √©dict√©es. Mais c’est un potentiel qui doit √™tre exploit√©.

R√®gle num√©ro 5 : √Čquit√©
Un bon Commons doit procurer une √Čquit√© des r√©coltes. Notez, avec attention s’il vous pla√ģt :-), que l‚Äôon parle ici d’√©quit√©. Ce qui ne veut absolument pas dire √Čgalit√© des r√©coltes. Un bon Commons fait en sorte que ce que chacun ramasse est √©quitable par rapport √† son travail, l’intensit√©, la fr√©quence de ses actions. Mais √©galement aussi par rapport √† l’Intelligence d√©ploy√©e. Dans un Commons si un acteur A ramasse plus que l’acteur B, voire m√™me significativement plus, parce qu’il a “mieux” travaill√© (Plus longtemps, plus souvent, plus rapidement, plus intelligemment ..) cela est non seulement tol√©r√© et compris par tous les acteurs, y compris B, mais fait partie des attentes que l’on a par rapport √† un Commons. Sans aller, bien s√Ľr, jusqu’√† la pr√©dation par A de toutes les ressources, ou d’un grand nombre, du Commons. Car il existe en quelque sorte un Maximum de r√©coltes possibles qui est partag√© par √©crit ou oral ; entre tous les participants.¬† Il y a certaines limites √† ne pas d√©passer. Notamment pour respecter la r√®gle de la Durabilit√©. Mais les √©carts de “Fortune” sont accept√©s par les acteurs s’ils viennent d’un travail respectueux des normes fait par un acteur. Un Commons n’a PAS d’obligation √† donner strictement la m√™me part de ressources et de revenus √† tous les participants. C’est aussi un des points de la responsabilisation des acteurs. Un Commons n‚Äôest pas forc√©ment une activit√© o√Ļ tout le monde travaille en m√™me temps et o√Ļ toutes les ressources r√©colt√©es par les acteurs sont r√©parties entre les acteurs sur la base d’une simple division arithm√©tique. Un Commons n’est pas un Communisme. Chaque acteur est responsable individuellement de ce qu’il ram√®ne. M√™me si des m√©canismes de solidarit√© existaient dans les Communaut√©s qui pratiquaient les Commons. Mais cela, c’est notre th√©orie, n’√©tait PAS du ressort du Commons m√™me. Mais de celui de la responsabilit√© sociale de la Communaut√©. Donc en (tr√®s) gros, dans un Commons, s’il n’y a pas de travail individuel de l’acteur, il n’y a pas de r√©coltes garanties et assur√©es des ressources de ce Commons.¬† Chacun ne r√©colte que s’il a √† la main la faucille et l’utilise. Le Champ est collectif, mais la r√©colte individuelle. On peut se repr√©senter au mieux cet esprit en imaginant un Commons de P√™che o√Ļ si chaque acteur ne prend pas la Mer (Ta din din ?), il n’y aura pas¬†de poisson au menu du soir.

Règle numéro 6 : Pas de prime aux actions et effets pervers. 
Une action perverse est une action r√©alis√©e par certains participants (Groupe A) qui va √† l’encontre des int√©r√™ts d’autres participants (Groupe B) notamment en r√©duisant ou supprimant leurs “parts” de r√©colte des Biens Communs. Ou en alt√©rant, l√©g√®rement ou profond√©ment, la Qualit√© des Ressources (exemple : l’eau d’une Rivi√®re).

On parle ici des int√©r√™ts, que l’on va nommer “PARTS”, qui sont ceux amen√©s par le Bien Commun et non pas les simples int√©r√™ts individuels des participants. C’est une nuance importante √† garder en t√™te, car la mise en place et le fonctionnement de Commons¬†peuvent impliquer que des int√©r√™ts individuels soient amoindris ou supprim√©s lors de la mise en place ou de l’utilisation du Commons. Tout en sachant que l’int√©r√™t du Commons est, in fine, d’apporter, m√™me √† ces personnes, des bienfaits sup√©rieurs √† la perte, temporaire ou non, de ressources ou de b√©n√©fices au sens large.

Une action perverse est √©galement une action qui va contre des Ressources Communes. Qu’elles soient l’objet de ce Commons ou d’autres. C’est une nuance √©galement importante, car un Commons ne doit pas influencer n√©gativement les retomb√©es habituelles d’autres Commons. Comme modifier de mani√®re significative les parts ou les revenus d’autres personnes sur les ressources communes par une rar√©faction ou disparition de ces Ressources. On nommera ceci une action contre la p√©rennit√© des Ressources. Cette action perverse peut √™tre faite en ruinant et/ou en alt√©rant les ressources des Communes ou des Ressources Priv√©es qui donnent naissance aux ressources des Commons.

R√®gle num√©ro 7 :Minimiser les Impacts n√©gatifs sur d’autres Commons.
Oui, car ce qui est int√©ressant √† comprendre ce que dans un Eco-Syst√®me o√Ļ il y a de plus en plus de Commons, ils se renforcent entre eux et la spirale positive des effets b√©n√©fiques se d√©veloppe. Plus il y aura de Commons et plus il y aura de possibles frictions entre certains Commons. Et il faudra accepter que certains Commons r√©duisent les Ressources d’autres, si et seulement si, le niveau global de tous les Commons est augment√©.

POINT D’ATTENTION
Il est aussi bien clair que nous nous trouvons dans une configuration de type Lois d’Asimov sur les Robots. L’application des R√®gles sur les Commons va mener, parfois, √† des incoh√©rences, des contre effets inattendus et n√©gatifs. Car au fur et √† mesure de leurs d√©ploiements, locaux et Universels, la mise en place ou le d√©veloppement de Commons auront des effets les uns sur les autres. Il faudra faire des choix !


Philippe AGRIPNIDIS

Co-Cr√©ateur de Biens COOP√ČRACTIFS

Les Biens COOP√ČRACTIFS sont une nouvelle forme d’organisation sociale et √©conomique. ALPHARIS, la Manufacture des Biens Coop√©ractifs, est d√©di√©e √† l’imagination, l’assistance, la conception, la mise en Ňďuvre et la diffusion de cette nouvelle forme d’organisation √©conomique et sociale pour la cr√©ation de produits, services et inventions.


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