Chevaux d'échecs dos à dos par Grigory_bruev

Les deux seules mani√®res “rationnelles” de jouer au Capitalisme

Dans cet article, nous utilisons le mot Capitalisme pour représenter les activités économiques ayant lieu sous les différentes formes de capitalisme et de Néo-Libéralismes.

Et par rationalit√©, nous entendons une d√©marche intellectuelle visant √† minimiser les efforts faits pour maximiser les gains. Dans cette d√©finition, nous excluons √©galement volontairement toute composante morale et toute notion de cons√©quences et d’impacts √† terme de comportements des acteurs sur la soci√©t√© et eux-m√™mes.

Ainsi dans le cadre de ces deux définitions, cette notion de rationalité mène seulement à deux  types de comportements pertinents pour les acteurs.

  1. Obtenir √† terme le Monopole de son march√© pour pouvoir maximiser √† la fois les revenus re√ßus, et les b√©n√©fices, et minimiser les co√Ľts d√©pens√©s en pressurant les fournisseurs.
  2. S’entendre avec les autres Comp√©titeurs sur les prix factur√©s aux clients pour garder un fort niveau de r√©mun√©ration.

Car la v√©rit√© profonde du capitalisme, c’est que la concurrence, c’est fatigant. Et risqu√©. Et co√Ľteux !
En temps, en énergie, en revenus non reçus pour cause de guerre des prix.

Qui n’a pas v√©cu dans sa chair la difficult√© de mener √† bien sa propre entreprise, avec ou sans salari√©s, ne comprend pas vraiment √† quel point la concurrence est “p√©nible” dans tous les sens du terme. Il faut se battre sans arr√™t. Faire des devis, √™tre le plus attractif, mais pas trop bas sinon on ne peut pas payer ses salari√©s et ses co√Ľts de fonctionnement. C’est compliqu√©. Difficile. Usant.

Alors par quel miracle humain le Capitaliste serait-il exempt des Forces qui habitent chacun d’entre nous, de nos instincts, de nos r√©flexions qui sont de maximiser les gains tout en minimisant les efforts ???

Le Capitalisme sans la concurrence c’est le Paradis √©conomique. Et pour atteindre, rationnellement, ce Nirvana, il n’y a que deux types d’actions possibles, la cr√©ation de Monopoles ou l’entente, tacite ou non, sur les prix.

√Ä noter que les deux strat√©gies s’opposent en termes de couplage effort/gains.
La premi√®re strat√©gie, le Monopole, est celle qui permettra, √† terme, de tirer le plus possible de gains de son entreprise. Et, ce qui est rarement √©crit, sur les deux tableaux. En premier sur celui des ventes faites au consommateur captif. Et sur celui des d√©penses r√©duites au minimum (aussi bien sur les Fournisseurs que sur ses propres salari√©s ou collaborateurs tr√®s intermittents). Par contre obtenir cet √©tat de Monopole est parfois tr√®s difficile. Il d√©pend des conditions de son march√©. Combien d’entreprises concurrentes il y a, quelles sont justement leurs avantages concurrentiels, leurs atouts, leurs positionnements, les √©volutions des go√Ľts des consommateurs, de la technologie, innovation disruptive, etc … Sans parler des emp√™cheurs, L√©gislatifs et Judiciaires, de tourner en rond qui, bien conscients des cons√©quences tragiques des Monopoles sur la soci√©t√©, visent √† emp√™cher leur venue ou leur prolongation [on ne dira jamais assez quel dur m√©tier d’√™tre Milliardaire Monopolistique !]. Bref, l’optimum de ce choix n’est jamais s√Ľr d’√™tre atteint.

√Ä l’inverse, l’entente sur les prix ne permet pas de r√©colter le maximum possible sur les prix, car il faut composer avec les autres Entreprises avec lesquelles on va s’entendre. Mais il est √ī combien bien plus facile d’avoir une entente de ce type que de suer durement pour atteindre le Nirvana du Monopole. C’est donc la strat√©gie qui est la plus commun√©ment mise en Ňďuvre, √† diff√©rentes √©chelles, sous diff√©rentes formes. Elle est tellement tentante qu’elle se fait le plus souvent sous forme tacite, sans volont√© de truquer le march√©, quasiment √† l’insu de son plein gr√©. Chaque entreprise regarde les prix affich√©s par le concurrent et se cale, plus ou moins consciemment sur le prix pratiqu√© par les autres. C’est un des d√©fauts naturels du Capitalisme que cette tendance inconsciente √† l’alignement. C’est un probl√®me en soi, mais ce n’est pas le sujet principal de l’article qui traite des ententes volontaires, organis√©es et d√©lib√©r√©es sur les prix pratiqu√©s.

On parle ici de comportement affectant grandement la Soci√©t√© et les citoyens qui en sont expos√©s. C’est dans ce sens que l’impact de l’entente volontaire rejoint celui du Monopole, tous les deux guid√©s par cette force sous-jacente de rationalit√© √† court terme et limit√©e √† un seul acteur. L’entente organis√©e entre acteurs √©conomiques permet d’√©conomiser le bien le plus pr√©cieux de chacun, son Temps. Plus besoin de¬† travailler sur ces nouvelles offres ou produits. Plus besoin de se battre avec d’autres. On se lib√®re de ce temps pris et g√Ęch√© pour faire d’autres taches plus gratifiantes. Le deuxi√®me avantage de l’entente est la pr√©servation d’un bien √©galement pr√©cieux, l’√©nergie des acteurs. C’est pour ces raisons, plus bien s√Ľr, l’optimisation (et non pas la maximisation) du profit, que l’Entente volontaire et d√©lib√©r√©e est une forme qui a √©t√© pratiqu√©e sur de (trop) nombreux march√©s, qui est encore pratiqu√©e et qui ne devrait plus √™tre pratiqu√©e dans une Nouvelle Civilisation.

Et si vous pensez que l’entente, non seulement tacite, mais minutieusement organis√©e et r√©gl√©e par des modes de fonctionnements pr√©cis (prix, volumes, d√©lais de livraison, qualit√© de service, apr√®s-vente, etc ..) n’a pas exist√© ou n’existe pas, je vous signaleun programme tout √† fait adapt√© √† vos Croyances. Sinon celui-ci est bien √©galement !

Pour les autres, vous trouverez ici un exemple Franco-Français.
Un exemple parmi ceux qui ont été découverts. Les ententes entre acteurs sont probablement comme les icebergs, on ne voit que le 1/10 qui est visible. Le reste passe sous les radars.
Pour l’instant.


Philippe AGRIPNIDIS

Co-Cr√©ateur de Biens COOP√ČRACTIFS

Les Biens COOP√ČRACTIFS sont une nouvelle forme d’organisation sociale et √©conomique. ALPHARIS, la Manufacture des Biens Coop√©ractifs, est d√©di√©e √† l’imagination, l’assistance, la conception, la mise en Ňďuvre et la diffusion de cette nouvelle forme d’organisation √©conomique et sociale pour la cr√©ation de produits, services et inventions.


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