night sky star trails by PaulSchlemmer

Le Ciel est à Nous !

Un autre BIEN COOP√ČRACTIF de la Nature, le Ciel !

Certains COMMONS, BIENS COOP√ČRACTIFS, peuvent √™tre utilis√©s par¬†tous.

Certains autres par aucun.

Personne ne peut utiliser le Ciel, qui appartient √† tous, pour ses propres “besoins” (ou plut√īt envies ou caprices …).

C’est pourtant ce que proposerait la¬†soci√©t√© Russe ¬†StartRocket √† l’initiative de cette “id√©e” (?) qui consisterait √† polluer, puisqu’il n’y a pas d’autres mots, visuellement et spatialement le ciel appartenant √† tous par des Publicit√©s vantant les m√©rites de tel ou tel produit et √† priori plut√īt des¬†boissons sucr√©es .

 

Vous trouverez les d√©tails techniques de ce Projet dans diff√©rents supports¬†de Presse ¬†(quoique certains “articles” sur le sujet se ressemblent √©trangement …). Ce qui nous importe dans le cadre des Commons est le constat, habituel que :

 

1.¬†¬†¬† L’Ultra Capitalisme ¬†est pr√™t √† tout, y compris, comme bien souvent, √† vendre ce qui ne lui appartient pas et √† abuser, dans tous les sens du terme, des Ressources Naturelles. Le Vecteur de “Valeur” porteur et structurant du Capitalisme est le suivant :¬†Je peux le faire, donc je le fais !

2.    Cette utilisation déprécie de facto la Ressource Naturelle, pour sans doute, petit à petit la supprimer ou la réduire à peau de chagrin.

3.¬†¬†¬† Nous devons r√©affirmer, chaque jour, l’importance des Commons. Et mettre en Ňďuvre les moyens pour les pr√©server. Puis/et inscrire cette protection dans diff√©rentes Lois ou dans les Trait√©s Binationaux, multiples ou Internationaux.

 

MAJ le 29/05/2019

Après la première version de cet article, une autre initiative d’occupation du Ciel a été, elle, transformée en réalité. La société 
SpaceX ,¬†fond√©e et dirig√©e par Elon Musk, a mis en orbite 60 mini satellites, sur 12 000 √† venir. Et ce √† une altitude, tr√®s basse, de seulement 500 km (√† comparer aux 36 000 habituels pour les satellites dits g√©ostationnaire, plac√© g√©n√©ralement au-dessus de l‚Äô√Čquateur).¬†

L’objectif est de construire un r√©seau satellitaire, dit¬†
Starlink satellite network , permettant, √† terme, d’offrir une couverture d’acc√®s Internet n’importe o√Ļ dans le Monde.

 

Cette action soul√®ve d√©j√† des probl√®mes et¬†Michael J. I. Brown ¬†de l’Universit√© de Monash a √©t√© un des premiers √† s’en pr√©occuper. Car une des cons√©quences de cette double d√©marche, multitude d’envoi et tr√®s basse altitude, est de possiblement, “illuminer” le ciel par les reflets de la Lumi√®re du Soleil sur les mini satellites. Et par ricochet de diminuer la brillance observable des √©toiles. Et ce, freiner, handicaper, voire m√™me bloquer, toute nouvelle action d’observation des √©toiles et du Cosmos depuis la Terre.

 

 

On voit d√©j√† que ce n’est pas sans cons√©quence sur le d√©veloppement de la Connaissance de l’Univers. On troque, en y √©tant oblig√©, par l’action d’un seul acteur jamais mandat√© par qui que ce soit autre que lui-m√™me, un aveuglement des recherches scientifiques contre une, possible, couverture d’acc√®s Internet. Car tout est dans le mot “possible”.

1) On n’a pas l’assurance financi√®re que les 12 000 satellites vont bien pouvoir √™tre lanc√©s.Les 60 mis en orbite sont peut-√™tre juste un coup de bluff pour inciter des investisseurs potentiels √† franchir le pas alors que les finances de la soci√©t√© SpaceX pourraient √™tre au plus mal ou le devenir dans quelques mois en raison du ratio √©lev√© de consommation de cash que cette activit√© n√©cessite. Il se peut aussi que la cadence d’envoi, toujours pour des raisons financi√®res, soit tr√®s lente. Imaginons une cadence de 2 envois par an. Sur 12 000, cela fait 120 satellites par an. Soit 100 ans, cela fait un peu long non … L’objectif officiel est de terminer les envois vers le milieu des ann√©es 2020. Soit, disons, 6 ans de laps de temps. Ce qui implique une cadence, √† tenir et respecter, de 2 000 satellites mis en orbite chaque ann√©e. Soit par paquet de 60, 33 envois √† faire dans l’ann√©e. Soit 3 envois par mois … √Ä voir si cela va √™tre respect√©. Ou si on est dans un effet d’annonce coupl√© √† un pari sur l’arriv√©e, n√©cessaire, de nouveaux acteurs. C’est donc la premi√®re incertitude.

2) On n’a pas non plus l’assurance technique que tout va fonctionner. √Ä quelle vitesse r√©elle l’information va-t-elle descendre sur les terminaux de r√©ception ? Est-ce que chaque utilisateur aura une connexion de qualit√© 3G, 4G, 5G ? √Ä quelle vitesse l’information va-t-elle monter sur les satellites ? Car avant de redescendre, les paquets de contenus vont devoir “monter” au ciel pour √™tre redistribu√©s en bas ! Prenons un exemple simple de consultation d’une vid√©o sur Youtube. Avant de la recevoir, il va falloir que le r√©seau de satellites r√©cup√®re le flux puis le redistribue sur le terminal de l’utilisateur. C’est une op√©ration, classique, en r√©seaux filaires. Mais qui pose d√©j√† des probl√®mes d’adaptation, constante, de bande passante.Car lorsque les utilisateurs vont multiplier les demandes de connexion √† un site de type YouTube, surtout si ce n’est pas la m√™me vid√©o demand√©e, comment va √™tre g√©r√©e la bande passante n√©cessaire ? Comment s’assurer qu’il n’y aura pas de bouchons, de ralentissements ? Comment envoyer et recevoir avec une qualit√© technique suffisante ? Pour l’instant il n’y a aucune certitude, et d√©monstration, technique, sur ce point.

3) Sur cet aspect, il faut rajouter un angle √©conomique. Le transfert de la bande passante g√©n√©r√©e par les distributeurs de contenus de type YouTube cr√©e r√©guli√®rement de¬†mauvaises humeurs , r√©currentes, chez les op√©rateurs Telecom qui demandent constamment une part, suppl√©mentaire (apr√®s tout ne sont-ils pas d√©j√† pay√©s par leurs clients pour faire ce travail de transfert de contenu ?) du g√Ęteau. Qui peut assurer que SpaceX ne va pas demander un “p√©age” aux fournisseurs de contenus ?¬† C’est peut-√™tre m√™me une part int√©grante de leur Business Model. Si les fournisseurs de contenus refusent, quelles informations vont transiter par les tuyaux ? Et s’ils payent, ce surco√Ľt retombera in fine aux consommateurs (Abonnement Premium √† payer, publicit√©s suppl√©mentaires, etc.).

4) Toujours d’un point de vue √©conomique, admettons que tout se passe bien au point pr√©c√©dent et que les accords entre SpaceX et les fournisseurs de contenus soient transparents ou en tout cas sans impact sur les consommateurs.¬† Malgr√© tout, il faudra que consommateur paye l’acc√®s au service de Starlink. Quel sera le co√Ľt d’utilisation, de l’abonnement ? Avec quelle limite de consommation de data ? Rien ne dit et ne garantit que la majorit√© des habitants de la terre puisse r√©ellement utiliser ce service.

5) Et quels √©quipements seront n√©cessaires √† l’utilisation de ce service ? Faudra-t-il changer imp√©rativement de terminal pour pouvoir √™tre en mesure de consommer le service ? √Ä quel co√Ľt seront vendus ces √©quipements ?

6) Et quelles capacit√©s techniques √† suivre l’augmentation des Flux ? Vu l’accroissement constant des capacit√©s techniques, les 60 premiers satellites lanc√©s en 2019 seront-ils devenus obsol√®tes en 2025 ? Faudra-t-il relancer la moiti√© de la flotte pour avoir une qualit√© de service suffisante et homog√®ne ?

Mais ces points, factuels, ne sont pas les seuls obstacles au d√©ploiement de cette “constellation”. Il y a √©galement des probl√®mes de fond qui vont venir √† chaque initiative de ce type. Listons-les ci-dessous :

A) Le premier probl√®me est la chute d’un des satellites sur Terre [et surtout sur ses habitants ūüôā ]. Sur les 12 000 pr√©vus, un taux d’√©chec ou de probl√®me de type 1 chiffres apr√®s la virgule , soit 0,1%. Soit donc 99,99% de r√©ussite. Ce qui est tr√®s exigeant et jamais atteint en mati√®re d’exploitation et d’exploration spatiale sur une s√©rie de lanceurs. Mais les 0,1% repr√©sentent quand m√™me 12 satellites posant probl√®me. Certes les satellites sont pr√©sent√©s comme significativement moins gros que les g√©ostationnaires.
Et on peut escompter qu’une chute √©ventuelle n’aurait pas de cons√©quences en raison de leur taille et des effets sur l’objet des frottements de l’air (Ph√©nom√®ne de d√©sint√©gration ) lors de la rentr√©e dans l‚Äôatmosph√®re.¬† Malgr√© tout la d√©sint√©gration totale n’est jamais sure. Et rappelons qu’un gramme qui vous arrive dessus √† plus de 15 000 m/s, √ß√† fait mal. Tr√®s mal. On peut avoir une id√©e pr√©cise de tout ceci √† l’aide de la Formule de¬†calcul d’√©nergie cin√©tique . Ou √©galement se rappeler qu’une balle de¬†Browing 7,65 mm ¬†p√®se entre 4 et 5 grammes. Et “voyage” √† 280 m/s. C’est donc 5 fois plus lourd qu’un gramme de satellite. Mais le gramme de satellite va lui 53 fois plus vite. Ce qui fait qu’un gramme de satellite qui chute est 10 fois plus dangereux qu’une balle. Heureusement les probabilit√©s de recevoir un gramme de satellite sont tr√®s faibles. Pour l’instant. Avec 12 000 satellites, elles augmentent significativement !

En conclusion, une chute d’un morceau de satellite √©gale bobo (j’ai Mal. Vraiment mal ).


B) Autre point de fond, le probl√®me du rayonnement par ondes. Le point est encore mal d√©limit√© par la science moderne. Mais l’impact n√©gatif possible d’une multiplication d’ondes “arrosant” syst√©matiquement toute la Terre, 24 heures sur 24, est tr√®s mal connu. Que ce soit en termes de fr√©quence, d’intensit√©, de multiplication, de croisement, d’imbrication, l’absence de probl√®mes n’est absolument pas garanti. Ce sont pour l’instant plus des espoirs que des certitudes scientifiques.

C) On conna√ģt les tendances de fond de l’Ultra Capitalisme. Tout ce qui peut √™tre exploit√© le sera. SpaceX commence donc par 12 000 satellites. Mais √† terme, il en faudra combien ? 30 000, 100 000, 200 000 ? Car outre le souhait de vouloir toujours plus de couverture et de bande passante, il faudra, sans aucun doute, renouveler, √† terme une partie de la premi√®re flotte. Et les satellites envoy√©s en tant que premi√®re g√©n√©ration sont difficilement r√©cup√©rables par un simple coup de filet √† papillons ! Ils vont donc rester sur place. Et rendre le placement de nouveaux satellites plus difficile.
Et si on d√©cide de les faire chuter, on a vu dans le premier point que la d√©sint√©gration totale n’est pas assur√©e. Ne pensons pas non plus √† les √©jecter en-dehors de la zone d’influence de la terre, sur la Lune ou dans l’espace. Le syst√®me Solaire n’est pas une Poubelle ! Il est donc probable que les probl√®mes pos√©s par les 12 000 premiers satellites ne vont faire que s’augmenter.

D) Le Probl√®me de l’√©mission des Ondes va √©galement augmenter.¬† Combien de nouvelles fr√©quences vont √™tre rajout√©es ? Avec quelle intensit√© ? Ce type de probl√®me ne pourra que s’amplifier. On peut (on doit) consid√©rer l’√Čther,¬†au sens Ancien du terme , comme un Bien Commun dont il faut r√©guler l’exploitation.

E) 12 000 satellites pour SpaceX et Elon Musk. Mais combien ( 3 326 ?) √† venir pour Jeff Bezos et Amazon (Projet Kuiper ) ? Et combien pour d’autres concurrents ? D√©j√† avec un seul acteur, il fallait r√©guler l’usage du Bien Commun. Mais avec plusieurs, cela devient absolument indispensable. Notons que l’on passe, fort discr√®tement d’ailleurs, √† une exploitation par les √Čtats de l’Espace, √† une exploitation Capitaliste de celui-ci. Sans poser une seule r√®gle de fonctionnement ou de minimum √† respecter.

F) Ce lancer de satellite par SpaceX conforte la,¬†mauvaise,¬†habitude et concept du premier arriv√©, premier servi. √Ä ce qui incite √†¬†b√Ęcler, √† pr√©cipiter la sortie d’objets ou la r√©alisation d’actions sans vraiment pr√©voir la dur√©e d’exploitation ou les impacts n√©gatifs possibles. Les fonctionnements par des COMMONS ne sont pas dans cette Philosophie puisqu’ils prennent ce point en compte dans leurs r√®glements – normes – lois.

G) La couverture sera-t-elle vraiment Universelle ? N’y aura-t-il pas de concentration sur les zones privil√©gi√©es ? Ou uniquement sur des abonn√©s de type Premium ? Ce serait bien √©tonnant qu’il n’y ait pas de trou dans la raquette par rapport √† l’ambition Universaliste affich√©e.¬†

 

CONCLUSION

Si l’Humanit√© d√©cide de troquer l’aveuglement des recherches sur le Cosmos depuis la terre contre de la Couverture Internet, il faut alors imp√©rativement que cela se fasse sous la forme d’un BIEN COOP√ČRACTIF. Donc par d√©finition, un Bien Commun √©quitablement r√©parti et ouvert √† tous. Et dont la dur√©e d’exploitation dans le Temps est un des premiers objectifs si ce n’est le premier tout court.¬†

Raisonnablement, on peut imaginer que la participation financi√®re de chaque pays √† cette couverture Universelle de connexion Internet se fasse au prorata du PIB. Ce serait un crit√®re plus juste que le nombre d’habitants du pays. Car une population √©lev√©e ne signifie pas obligatoirement un potentiel √©lev√© de consommateurs. En tout cas actuellement. Le crit√®re de richesse de chaque pays appara√ģt plus √©quilibr√©. Une participation bas√©e sur le revenu moyen par habitant peut aussi √™tre un bon crit√®re de r√©partition.¬†

Et ce COMMONS peut √™tre plac√© sous l’√©gide de l’ONU. M√™me si l’Institution n’est pas parfaite, elle est un bon candidat potentiel pour porter des actions au nom de, si ce n’est toute l’Humanit√©, d’au moins de presque tous les pays de la Terre.

Le Ciel est bien à nous tous !
√Ĭ†nous de le g√©rer comme le Bien Commun pr√©cieux qu’il est.

 

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