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Importation ou Production locale ? Calcul de pertinence et d’impact. R√©solution par la Formule de pertinence de production interne.

De plus en plus, la tendance actuelle, notamment par le biais des barri√®res Douani√®res, de beaucoup de Nations, √Čtats et Gouvernements va vers la priorit√© donn√©e √† la protection et mise en avant des productions locales. Sauf en Union √Čconomique Europ√©enne o√Ļ le laxisme se dispute au manque de contr√īle et de vision constructive au service des Citoyens ! (Mais c’est un autre d√©bat).
Or, au-del√† du dogmatisme (Lib√©ralisme ou Protectionnisme ?) ce qui importe v√©ritablement, c’est de pouvoir d√©terminer l’impact d’importation ou d’absence d’importation sur un pays et ses citoyens. Et comme l’Ultra-Capitalisme adore les formules de calcul, le mieux c’est de lui en fournir une !

Tout d’abord rappelons l’enjeu des d√©bats, l’objectif est de pouvoir d√©terminer pour chaque importation, possible, de produits (voire de services) s’il vaut mieux avoir, pour la Communaut√© concern√©e, une production locale, potentiellement plus cher, que d’importer.

Sur cette base qui ne concerne que la vision du c√īt√© consommateur (moins de d√©penses √† l’achat) en excluant toute autre consid√©ration (notamment sociale pour les employ√©s des sites de production locale et strat√©gique pour le pays : quel positionnement Marketing , quelles activit√©s clefs √† garder ?), la “th√©orie” ou plut√īt assertion actuelle favorite est : Il vaut mieux importer des produits pour que le consommateur local paye moins cher.

Mais qu’en est-il de ce “Cr√©do” “√©conomique ? Quelle est sa pertinence profonde pour le pays et la Communaut√© qui importe ? Car si on a bien compris l’int√©r√™t de cette d√©marche pour le pays exportateur (D√©bouch√©s commerciaux), y a-t-il vraiment une ad√©quation avec les int√©r√™ts des acheteurs en particulier et de la Communaut√© en g√©n√©ral qui importe ?

Ainsi pour prendre en compte les v√©ritables pertinences et b√©n√©fices des importations de produits et services, il faut calculer l’impact sur le collectif et le global entre achat de production locale (cens√©ment) plus ch√®re et importation moins ch√®re.
Et pour r√©pondre √† l’objectif de d√©gager une formule de calcul, d√©crivons, dans un mod√®le simplifi√©, la structure de co√Ľts et sa r√©partition sur la fabrication d’un produit (pour rappel autre qu’alimentaire).

  • Achats de mati√®res premi√®res, de composants, que l’on nommera C, avec deux cas de figure
    • Soit on part du principe qu’elles ne sont pas locales comme c’est quasiment le cas de toutes les Productions en Europe.
    • Soit qu’elles viennent en totalit√© ou en partie du pays susceptible de produire en local. Ce qui renforce l’int√©r√™t d’absence d’importation (Exemple USA pour certaines ressources comme le P√©trole)
  • Co√Ľts salariaux : Brut + charges que l’on nommera S
  • √Čnergie nomm√©e E. Ce co√Ľt doit √™tre s√©par√© des mati√®res premi√®res, car on retrouve la m√™me possibilit√© que pour les achats de mati√®re premi√®re, en production locale ou achet√©es √† l’ext√©rieur.
  • Co√Ľts de production nomm√©e P :
    • Achat/location/amortissement machine
    • Services connexes : Comptabilit√© etc …
  • Distribution – Commercialisation- Marketing nomm√©e D
    • √Ä noter que le dernier point prend parfois une grande part de la marge brute pour les produits iconiques (35% des charges op√©rationnelles pour Nike en 2015 @preview.)
  • Transport -Logistique nomm√© T
  • Marge du Fabricant nomm√©e MF
  • Marge du Distributeur nomm√©e MD
    • Elle est parfois bien plus importante que celle du fabricant…
    • Cette marge est brute, car elle contient aussi des parties de logistique et de marketing que l’on pourrait d√©tailler, mais qui ne sont pas pertinentes pour notre Formule.

Certains √©l√©ments de ce mod√®le ne vont pas enti√®rement se transformer en d√©penses locales. Une part, plus ou moins grande, va parfois (souvent ?) √† des actionnaires √©trangers ou du moins √† des structures situ√©es √† l’√©tranger (ce qui pour notre formule revient au m√™me. Ce n’est plus de l’argent disponible en local). Il va donc y avoir (suivant les produits, pays, p√©riodes etc …) des √©volutions dans le pourcentage de reversement en local qui n’est pas forc√©ment tout le temps √† 100%.
Parmi ces √©l√©ments, il y a les postes comme la Production, le Transport, la Marge du Fabricant, la Marge du Distributeur. Lorsque l’on a gard√© que les montants restants en local, on obtient le PIC (Potentiel Inject√© dans la Communaut√©).

Un autre composant principal de l’√©quation √† d√©finir, ce sont les √©conomies faites par le client au final avec l’importation de produits moins chers que ceux produits en local.
On le calcule tr√®s facilement avec le montant de “l’√©conomie” r√©alis√©e sur chaque achat de produit et le nombre de produits achet√©s. Cela donne un montant global que l’on peut assimiler √† du pouvoir d’achat suppl√©mentaire disponible pour les acheteurs. On nommera ceci le EUCI (√Čconomie Utilisable par le Consommateur qui a achet√© un bien Import√© ).

Dans les deux cas, le multiplicateur est le nombre de produits achet√©s, soit en production locale, soit en importation. On peut m√™me ajouter (estimer en l’absence d’informations √† d√©couvrir) un coefficient d’attractivit√© suppl√©mentaire pour le produit import√© en fonction du pourcentage de l’√©cart de prix constat√©. Dit autrement, on peut estimer que si le prix du produit import√© est inf√©rieur de x% √† la production locale, on aurait alors +y% d’acheteurs en plus du fait de la baisse de prix qui pourrait s’offrir le bien. Ce coefficient sera nomm√© Coa.

Sur ces bases, décrivons les termes de la formule.

PIC x Z > EUCI x (Z x Coa)

C’est le crit√®re d’entr√©e ou non des Importations.
Si PIC x Z est bien sup√©rieur √† EUCI x (Z x Coa) alors les importations du produit concern√© n’ont pas de pertinences √©conomiques, sociales et strat√©giques.

Faisons un exemple sur la base d’un lave-vaisselle vendu 500‚ā¨ HT en magasin avec en premier chiffre le co√Ľt du type de d√©penses et en deuxi√®me chiffre le montant r√©inject√© dans l’√©conomie locale.

  • C. Co√Ľt des composants : 100‚ā¨ | 0‚ā¨ (Tous achet√©s √† l’√©tranger)
  • S. Co√Ľts salariaux charg√©s : 80‚ā¨ | 80 ‚ā¨ (D√©penses des collaborateurs uniquement en local)
  • E. √Čnergie : 30‚ā¨ | 0‚ā¨ (Tout achet√© √† l’ext√©rieur)
  • P. Production : 70‚ā¨ | 0‚ā¨ (Remboursement de machines-outils achet√©es √† l’√©tranger)
  • D. Distribution : 30‚ā¨ | 30‚ā¨ (Tout reste en local).
  • T. Transport
  • MF. Marge (Brute) du Fabricant. 70‚ā¨ | 45 ‚ā¨. (Pr√©l√®vement par des actionnaires √©trangers)
  • MD. Marge du distributeur estim√© √† 20%. Voir figure 2b des statistiques INSEE soit 100‚ā¨ | 80‚ā¨ ( Pr√©l√®vement par des actionnaires √©trangers)

Voici ce que cela donne sous la forme d’un Tableur. √Ä t√©l√©charger ici .
Le tableau du circuit de Production local.

FormulePosteMontantCircuit local
CComposants1000
SSalaires chargés8080
E√Čnergie300
PProduction3030
DDistribution700
TTransport2015
MFMarge Fabricant7045
MDMarge Distributeur10080
TOTAL500250

Et le tableau d’importation du produit.

FormulePosteMontant
CComposants80
SSalaires chargés40
E√Čnergie25
PProduction30
DDistribution45
TTransport40
MFMarge Fabricant50
MDMarge Distributeur90
TOTAL400

Ce qui nous donne pour l’exemple :
– Un PIC de 250‚ā¨. Soit les 500 ‚ā¨ du produit fabriqu√© en local moins les Euros revers√©s √† l’ext√©rieur.
– un EUCI de 100‚ā¨ soit la diff√©rence entre ce que payerait le consommateur pour l’achat du bien fabriqu√© en local et l’achat du produit import√©.
Donc une formule de calcul final qui serait :
PIC x Z > EUCI x (Z x Coa)
soit 250 x 100 > 100 x (100 x 1,25%)
soit 25 000 > 12 500 ce qui v√©rifie l’in√©quation.
Dans ce cas précis, on confirme bien la pertinence de la production en local.



On reste ainsi avec notre Formule PIC x Z > EUCI x (Z x Coa) qui va être le critère de tri de pertinence entre Production locale et importation.

Donc ce n’est pas parce que l’on paye une machine √† laver import√©e 100‚ā¨ de moins que celle produite en local qu’il faut le faire ! Les impacts n√©gatifs et d√©vastateurs, et on le voit bien avec l’√©tat de d√©sindustrialisation de certains pays, annulent compl√®tement le pseudo avantage d’importations moins ch√®res.

Alors, comment empêcher ces importations et redonner du travail en local ?

  • Premi√®rement en prenant conscience de cet √©tat de fait.
  • Deuxi√®mement en organisant le maintien ou d√©veloppement des producteurs locaux pour stopper les h√©morragies de d√©localisation.
  • Troisi√®mement en r√©cup√©rant les savoir-faire et machines de base pour impl√©menter les productions anciennement d√©localis√©es.
  • Quatri√®mement en filtrant, √† partir d’une date annonc√©e √† l’avance, les importations sur la base de la formule propos√©e. (Rappelons ici que l’id√©e d’importation dans un pays, de quoi que ce soit, sans aucun contr√īle ou filtrage est d’un grotesque absolu et d’une perte totale de souverainet√©)

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, nous vous rappelons les services d’Alpharis ūüôā car in fine chaque pays et chaque cas de produit est particulier.

Et en pr√©alable √† la conclusion, si en plus on rajoute dans le calcul d’√©l√©ments venant d’autres Valeurs, comme le D√©veloppement durable, avec la prise en compte de la pollution du transport ou de celle de la production d’√©nergie (il vaut mieux produire avec une centrale nucl√©aire en France qu’une centrale √©lectrique √† charbon en Chine) on multiplie et valorise la pertinence de l’absence d’importation.

Plus on prend en compte de crit√®res, de Valeurs, de dimensions et plus on s‚Äôaper√ßoit que dans le Nouveau Monde √† construire, quasiment toutes les productions (√† l’exception de quelques produits tr√®s sp√©cifiques comme la construction d’Avions, de Navires et le secteur du Luxe) devront √™tre locales.

Avec Internet, et le potentiel d’√©changes de connaissances (que nous n’avons pas commenc√© √† construire), √† 99,99%, hors produits alimentaires et mati√®res premi√®res, il n’y a plus besoin d’importer quoi que ce soit.

Chaque pays peut et doit avoir ses propres usines de production de chaussures, de textile, d’√©lectrom√©nager, d’ordinateurs… (Arr√™tons l√† les possibilit√©s avant de se retrouver avec un inventaire √† la Pr√©vert ūüôā ] pour que les Cr√©ations et les Coop√©rations soient les plus nombreuses et les plus fructueuses possible.

Et le meilleur moyen de les r√©aliser est de les faire au niveau local, d’humain √† humain. Ce qui n’emp√™che pas d’avoir des projets avec d’autres pays, continents ou bien sur Universels [ ūüėČ ]


P-S Il faut bien comprendre que la logique de cette r√©implantation de la Production est valable pour tous les pays. Et ainsi accepter que ce que l’on exportait autrefois ne sera plus possible dans le futur.


Philippe AGRIPNIDIS

Co-Cr√©ateur de Biens COOP√ČRACTIFS

Les Biens COOP√ČRACTIFS sont une nouvelle forme d’organisation sociale et √©conomique. ALPHARIS, la Manufacture des Biens Coop√©ractifs, est d√©di√©e √† l’imagination, l’assistance, la conception, la mise en Ňďuvre et la diffusion de cette nouvelle forme d’organisation √©conomique et sociale pour la cr√©ation de produits, services et inventions.